jeudi 30 novembre 2017

06.12.17 Conférence: Nietzsche et le bonheur

17h15, MIS 2120
Conférence suivie d'un apéritif


"Nietzsche et le bonheur", Isabelle Wienand (Université de Bâle)

Le Gai savoir rassemble de nombreuses réflexions sur le bonheur. Une des particularités saillantes des réflexions nietzschéennes sur le bonheur tient avant tout au fait que celles-ci s’articulent dans des conditions apparemment austères, voire hostiles à la possibilité du bonheur : l’événement de la mort de Dieu n’est pas, prima facie, une nouvelle particulièrement joyeuse, si l’on est capable d’en saisir toutes les conséquences de vivre, d’agir, de sentir selon un paradigme sans Dieu. Néanmoins, Nietzsche confère une place centrale au bonheur dès le titre de l’ouvrage : la science ou le savoir que celui-ci annonce est ou rend fröhlich. La Préface à la seconde édition (1887) ajoute des précisions importantes sur ce bonheur: il est incarné par les esprits libres et il est nouveau: « Nous connaissons un bonheur nouveau … » (GS, Préface 3/ KSA 3.351). J’essaierai de dégager le caractère novateur de ce bonheur tel qu’il apparaît dans l’œuvre du Gai savoir à partir de trois questions qui structurent les trois parties de cet exposé. La première concerne la relation entre ce bonheur inouï et l’événement sans précédent de la mort de Dieu: à quel(s) type(s) de bonheur le discrédit de la croyance en Dieu peut-il conduire ? La deuxième a trait aux caractéristiques de ce bonheur. Cette deuxième partie montrera en particulier le rôle crucial du modèle grec antique – en particulier homérique, héraclitéen et épicurien – du bonheur dans la conception nietzschéenne. La troisième et dernière question porte sur la dimension quasi injonctive des propos nietzschéens sur le bonheur dans Die fröhliche Wissenschaft.

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